Printemps exubérant en Roussillon
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| st martin 25_05_09 |
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| st martin 25_05_09 |
Voici un commentaire très récent d'une (peut être) future vigneronne:
Je
souhaiterais atteindre mon rêve: avoir mes vignes et devenir
viticulteur ;-) Cependant, je pars de 0, pas de famille dans le milieu.
J'aurais souhaité avoir des conseils pour me lancer (je travaille déjà
depuis quelques années dans un tout autre domaine - du coup un peu dure
de se lancer).
et une dernière question: vous précisez dans votre blog que vous aviez
deux activités, j'aurais souhaite connaitre la deuxième activité
salariale?
Merci de tous les conseils que vous pourrez me donner.
Des jeunes m'envoient des commentaires pour me demander comment s'y prendre pour devenir vigneron ou vigneronne. En fait, plus souvent des filles que des garçons. C'est sympathique et encourageant de sentir chez certains jeunes cette attirance, cette future vocation pour les travaux de la vigne et du vin.
Ils ont RAISON car la relève n'est pas du tout assurée pour les viticulteurs qui partent à la retraite. Des milliers d'hectares de vignes, de vignes jeunes souvent, sont arrachés car plus personne ne veut les exploiter. Alors, en ce moment, il est possible de se voir confier des vignes temporairement sans avoir à débourser quoique ce soit, il est possible aussi d'acheter en payant chaque année sur le revenu des récoltes, en étalant les paiements.
Mais attention, pensez à intégrer dans votre projet le besoin de trésorerie. Par exemple: la récolte 2009 est précédée de tous les travaux de la campagne 2008/2009 qui à débuté en novembre 2008. Comptez au minimum 200 heures de travail à l'hectare et 300€ de fournitures diverses. Ajoutez les cotisations MSA et les impôts fonciers: 300€ encore.
Si vous livrez votre récolte à la coopérative:
La récolte 2009, en gros sera payée sous forme d'acomptes chaque mois à partir, au mieux de mai 2010, si vous avez des vins primeurs et sera soldée en 2012/2013.
Trois impératifs pour réussir:
Le mur de soutien d'une parcelle de vigne retrouve progressivement son aspect d'origine.
Quelquefois, les "gens de la ville" s'étonnent, craignent que l'on s'ennuie un peu. Pour certains citadins, en dehors des vendanges les travaux dans les vignes occupent peu!
- La réalité est tout autre, jamais nous n'avons assez de temps pour achever les travaux à temps.
Ces derniers jours, avec les pluies abondantes deux portions de mur en pierre sèches s'effondraient et je dois passer, juste au dessus en tracteur pour soufrer!
Le travail de réfection entrepris durant le W.E. consiste à rebâtir, c'est un mur en gros galets bien ronds, polis par la rivière. Pas facile à remonter ce mur, il me faudra quelques heures encore!
Quelques vues des vignes toutes spécialement dédiées à ceux qui pensent que nos terres sont sans vie, mortes à tout jamais et pourtant, c'est une vraie prairie cette année avec les pluies abondantes de printemps.
Il y a quelques jours, un reportage télévisé sur ARTE laissait penser que les viticulteurs faisaient un peu n'importe quoi avec les produits phytosanitaires et cela d'autant plus que l'émission s'ouvrait sur une séquence dans un tout autre domaine, montrant les folies Canadienne et le saccage de la Nature pour l'exploitation des pétroles bitumeux.
Raymond Manchon, le viticulteur interviewé, nous adresse deux commentaires qui remettent les choses en place et répondent a d'autres réactions à ne pas manquer elles aussi:
"Bonjour, si ça peut te rassurer, j'arrive encore à croire que tous les journalistes ne sont pas des monstes de subjectivité,l'agence Cappa et Arte me semblaient être des gages de sérieux, mais en censurant tous les propos à consonance syndicalo-politiques, notre journaliste qui reste persuadé que les levures sélectionnées sont des levures chimiques a bel et bien réussi à faire un reportage de m..."
Amitiés, R. Manchon
"Quelques précisions sur des questions du blog.
Si je continue à employer ces produits c' est parce que les moyens
financiers ainsi que les perspectives commerciales me manquaient, que
jusqu' à il y a quelques semaines, aucun des coopérateurs de mes coopé
respectives ne voulait tenter l' aventure de la conversion, mais JE NE
SUIS PAS RESIGNE,d'ailleur, un groupe de vignerons coopérateurs bio est
en train de naitre à Estagel (je ne suis pas étranger à la chose) et
j'effectuerai une conversion au bio d'ici à quelques semaines.
Est-ce trop rêver que de vouloir voir la même chose à Latour de France? "
R. Manchon
Les vignerons du Roussillon ne sont pas résignés comme pourrait le laisser croire ce reportage, le nombre de viticulteurs BIO s'accroît mais pas seulement, c'est l'ensemble des vignerons qui s'efforce d'adoper des méthodes plus respectieuses de la Nature.
Impressionnants les commentaires! En particulier celui de FRANCK. Mais tout de même après avoir consulté mes livres je dois rappeler que l'oidium est apparu en France en 1845 et qu'il provoqua la chute de production et la ruine des vignerons en 1854, les récoltes chutant de 45 millions d'hectolitres en 1850 à 11 millions en 1854.
Pourtant, à cette époque l'entretien des vignes était tout ce qu'il y a de plus "BIOLOGIQUE" on découvrait, juste les bienfaits du soufre!
il me parait donc peu vraisemblable que certaines régions n'aient pas souffert de l'oidium jusqu'à une période récente surtout le Chardonnay classé cépage très sensible.
Pour le soufre: je n'imagine pas un traitement à 6 kilos/hectare ni même à 10 ou 12 en dehors d'un premier traitement au soufre sublimé dans des conditions favorables de température: 25° à 30°.
Le manuel de viticulture de 1882 préconisait dejà à l'époque l'utilisation de 85 à 100kilos/hectare en trois traitements ( 15, 30, 40Kgs.).
Avec les techniques modernes de poudrage je diminue considérablement ces volumes mais pas autant que Franck, malheureusement.
Cette année, pour moi, le problème c'est une Météo inadaptée à la protection des vignes contre l'oidium: Vent fort, température trés variable, humidité.
Il me semble que IRIS soit plus réaliste, en tous cas ses méthodes de lutte sont assez semblables aux miennes si ce n'est qu'il m'arrive, rarement, d'utiliser un IBS (SYTHANE) quand vraiment je ne peux faire autrement. Je sais, les IBS provoquent des phénoménes de résistance et j'en évite l'utilisation et la limite à deux traitements au maximum.
Isabelle Perraud à constaté comme Franck et IRIS que les vignes BIO, bien équilibrées craignent beaucoup moins les maladies, je l'ai aussi constaté mème si je ne prétends aucunement au statut de BIO.
Vous devinez? La photo est trés mauvaise, avec mon portable mais c'est bien l'Oidium qui est là sur les jeunes pousses de Carignan. Ce matin, en traitant contre l'oidium mes carignan je me demandais comment vous faites, vous vignerons bio?
Cette année nous avons eu beaucoup de Tramontane et je ne pouvais soufrer mes cépages sensibles: Carignan et Muscats à la soufrette comme j'ai l'habitude de le faire trés précocement. J'ai traité avec un IBS pour arréter le développement de l'oidium tout en me posant des questions sur VOS techniques.
- prenez vous le risque de voir l'oidium gagner vos vignes avec tous les dangers que cela comporte au niveau de la récolte dont présence d'ochratoxine n'est pas le moindre?
- Appliquez vous des recettes que j'ignore à partir de plantes: Purin d'orties ou autres?
-Comptez vous éliminer lors d'un tri sur table les raisins touchés?
- A moins que par des pratiques Bio bien établies vous ayez la chance d'avoir des vignes naturellement résistantes?
S.V.P. Communiquez moi vos techniques, je suis trés demandeur.
Une rencontre surprise ce matin. C'est bien la première fois que je rencontre ce sympathique animal ailleurs que dans le potager.
Nous avons eu beaucoup de pluies jusqu'a présent!
Tout de même, la terre de mes vignes n'est pas si morte que cela pour y rencontrer un crapaud!
Il arrive aussi parfois que des vignerons utilisent les engrais vert comme sur ces photos: la phacelie après l'arrachage des vignes.
Ces photos prises le 2-05-09 montrent un champ magnifique de fleurs mauves, c'est très beau, autant que les coquelicots qui bordent nos routes, taches rouges et noires sur l'herbe vert cru, en ce moment. Les pluies abondantes de ces dernières semaines nous donnent en ce début de mai une nature exubérante. Le Canigou, il y a quelques jours. Un manteau de neige comme je n'ai jamais vu.
Une de mes vignes de Syrah verdoyante à souhait. Non la terre n'est pas morte!
Trois années sans desherbant et la Nature a repris ses droits. Le sol revit et nous ne craignons plus l'érosion.
C'est insupportable d'être pris pour des imbéciles irresponsables,
pollueurs, empoisonneurs . Nous sommes VIGNERONS, nous aimons notre
métier le plus souvent avec Passion et toujours avec conscience
professionnelle.
Alors, les Médias qui racontent n'importe quoi:
Dernière en date, cette interview d'un vigneron que je connais bien, et pour cause, à Latour de France. Je n'arrive pas à croire qu'il se soit ainsi fourvoyé avec des journalistes inconscients:
Regardez plutôt:
Une interview de Raymond Manchon viticulteur: Elle débute environ au bout de deux minutes:
Maintenant je dois vous rassurer:
-
Raymond Manchon se porte très bien, si bien qu'il envisageait de mener
de front un mandat de Conseiller Général et son activité de vigneron en
plus de ces responsabilités au PC local. Il n'a pas été élu et c'est
tant mieux pour sa Santé.
Alors, je pense que Raymond s'est laissé embarquer, un peu malgré lui dans cette interview.
Sur les dangers des produits phytosanitaires dont on retrouverait des traces dans le vin non BIO.
Vous le feriez, vous en touchant le SMIC?
C'est un dûr travail d'entretenir les vignes. Il faut avoir ça dans la peau pour travailler dans le vent comme aujourd'hui à arracher les Seneçons qui envahissent certaines vignes, pas toutes heureusement, principalement celles qui jouxtent les parcelles arrachées, abandonnées et il y en a de plus en plus.
Bon, pour le Moral: un brin de muguet cueilli aujourd'hui au jardin. Il est magnifique le muguet de ma soeur, vous ne trouvez pas?





































L'excellent Blog vigneron de Jean Luc Thunevin nous annonce de bonnes nouvelles au sujet des vins du ROUSSILLON.: -Il n'est pas si courant qu'un vigneron négociant de St. Emilion nous vante les mérites des vins du Roussillon, et cela dans des termes plutôt flatteurs !
Nous assistons en effet, progressivement à un vif regain d'intérêt des professionnels du vin et de la vigne pour notre splendide région: CHAPOUTIER à Latour de France, Bernard MAGREZ sur le même terroir à Montner puis de jeunes vignerons passionnés qui créent des caves particulières et nous font découvrir toute la richesse de leurs talents.
Un regret pourtant: Nos meilleures vignes quittent le système coopératif qui n'évolue pas assez vite pour profiter de l'embélie.
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